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Histoire d’O

Ça vous inspire l’oxygénothérapie à domicile ? Eh bien, moi, je suis complétement branchée sur le sujet, même que ça me pompe l’air. Histoire de pallier mon insuffisance respiratoire, ils m’ont équipée d’un gros engin rempli d’oxygène auquel je suis reliée par un long tuyau dans lequel je m’emberlificote régulièrement les pinceaux. Je vous laisse imaginer le scénario lorsque je passe l’aspirateur… Les deux petites tubulures plastifiées qui m’alimentent en air pur me grattouillent les narines.

Cet équipement, je le dois aux tests barbares que j’ai passés dans le service pneumologie de l’hôpital universitaire. De quoi t’inspirer la méfiance avant d’expirer ! Bloqué(e) dans une cabine vitrée, un énorme embout de plastique obstruant complétement ta bouche et une pince sur le nez pour achever de t’étouffer, tu dois tester tes bronches, sans broncher, en exécutant scrupuleusement les ordres de l’infirmière qui manipule ses manettes, observée par des étudiants en médecine qui brassent de l’air. Vous me direz, c’est de circonstance :
"Inspirez… bloquez la respiration, encore… encore… encore… expirez !"
Tu suffoques, t’es au bord de l’asphyxie, peu importe, elle en remet une couche plusieurs fois de suite jusqu’à ce que tu perdes haleine. Mesdames, une autre espèce de torture mammographique des voies respiratoires ! Claustrophobes s’abstenir !

Sur le coup, j’ai pris mes grands airs. Ce branchement, ça ne me branchait pas du tout. C’est vrai quoi, un tel harnachement, ça la fiche mal pour quelqu’un qui ne manque pas d’air… D’un autre côté, je dois bien admettre que j’avais besoin d’une bonne bouffée d’oxygène. Le top, c’est qu’appareillée ainsi, j’ai vraiment l’air d’une femme branchée, sans négliger que ma cage thoracique respire de nouveau à pleins poumons. Elle est pas belle la vie ?

L’air de rien, l’annonce a quand même coupé le souffle de la Nono autrefois gonflée à bloc ! A l’école, je soufflais les réponses à mes copines, aux dames je soufflais les pions. Au fil des années, je me suis un tantinet boursoufflée, puis essoufflée. Les temps changent.

L’oxygène que je respire est stocké sous forme gazeuse dans un gigantesque appareil cylindrique qui s’appelle « obus ». Tu parles d’un nom. Faut dire que c’est vraiment de la bombe ! A moi l’air pur censé me requinquer ! Un second souffle en somme…
Une chance que l’humour me tienne en haleine. La dérision ? C’est pour mieux ventiler ma trouille, mon enfant. Pour qu’elle s’évapore en fumée ! Trêve de plaisanterie, en vrai, le personnel du MHH respire la bonne humeur et ils ont tous été aux petits soins pour moi.

Tcha O